Le sujet qui nous réunit est crucial : la loi pénale est-elle armée pour répondre aux violences numériques où un auteur contraint, à distance, une victime à s'infliger des dommages ? L'enjeu est de savoir si nos qualifications classiques, entre l'extorsion et la violence psychique, peuvent absorber cette nouvelle forme de coercition médiatisée par l'écran.
Le droit positif offre des pistes : la Cour de cassation admet la violence par le choc émotif sans contact physique, et la contrainte morale s'apprécie selon la vulnérabilité de la victime. Toutefois, l'articulation entre l'extorsion de biens et la répression de violences purement psychiques par voie numérique reste à préciser.
Pour explorer cette question, j'ai réuni : Me Rousseau, pour l'équilibre des libertés fondamentales ; Pdt Marchand, pour la pratique des tribunaux correctionnels ; Me Chen, pour la dimension technique et l'IA ; Dep. Aziz, pour l'expertise du législateur numérique ; JI Renard, pour la réalité de l'instruction ; Dep. Martin, pour la vision de la commission des lois ; Sen. Blanc, pour la perspective sénatoriale ; Dep. EU Weber, pour le cadre européen ; Cons. Dupont, pour la rigueur de la jurisprudence ; Me Girard, pour l'intégrité des personnes ; Me Durand, pour la théorie des obligations ; et Dir. Mathieu, pour la technique législative.
Me Rousseau, je vous cède la parole pour ouvrir la discussion.