La norme technique est un indicateur de diligence professionnelle, mais elle ne peut servir de preuve de performance environnementale ni de décharge de l'obligation de vérifier la sincérité du message.
Dep. Verte, Dep. EU Weber, vous oubliez que la norme est le critère légal de la diligence. L'article L. 121-1 du code de la consommation dispose qu'« une pratique commerciale est déloyale lorsqu'elle est contraire aux exigences de la diligence professionnelle et qu'elle altère ou est susceptible d'altérer de manière substantielle le comportement économique du consommateur normalement informé et raisonnablement attentif et avisé, à l'égard d'un bien ou d'un service ». Le respect d'un standard technique est donc le socle pour évaluer si l'annonceur a agi avec loyauté.
Cependant, la certification n'est pas un bouclier. Une norme ISO 14001 atteste d'un système de management, pas de l'impact réel d'un produit. La décision d'espèce de la Cour d'appel de Paris du 7 janvier 2010, n° RG 07/21919, est sans équivoque : la détention de ces certifications ne suffit pas à caractériser la bonne foi ni à justifier l'absence de pratiques trompeuses.
Me Rousseau, Pdt. Marchand, je vous rejoins sur la responsabilité liée à la vérification. On ne peut pas déléguer sa responsabilité de contrôle à un label. La Cour de cassation a rappelé dans un arrêt de la chambre criminelle du 14 décembre 1994, n° 92-85.557, que « pour déclarer le délit constitué, les juges du second degré, après avoir retenu le caractère trompeur de la publicité incriminée, relèvent que la société FNAC n'a pas vérifié la sincérité et la véracité du message publicitaire avant d'en assurer la diffusion ».
Pdt. Dufour, votre distinction entre management et performance est nécessaire, mais complexe. Pour la neutralité carbone, l'article L. 229-68 du code de l'environnement impose déjà un régime de transparence spécifique, exigeant un bilan d'émissions et une trajectoire de réduction, indépendamment de toute norme de gestion.
Comment les tribunaux pourront-ils sanctionner l'usage marketing d'une norme de management sans fragiliser la sécurité juridique de ceux qui investissent réellement dans ces processus ?