Le débat montre que nous sommes souvent pris entre l'ambiguïté technique et la rigueur procédurale. Rousseau et Marchand ont raison : le refus n'est pas un délit par nature. Il est strictement subordonné à la démonstration de la présence d'un moyen de cryptologie et à la régularité de la réquisition.
Comme l'a précisé l'Assemblée plénière dans l'arrêt Cass. ass. plén., 7 nov. 2022, n° 21-83.146, « Il en résulte que le code de déverrouillage d'un téléphone mobile peut constituer une clé de déchiffrement si ce téléphone est équipé d'un moyen de cryptologie de sorte que, pour l'application de l'article 434-15-2 du code pénal, il incombe au juge de rechercher si le téléphone en cause est équipé d'un tel moyen et si son code de déverrouillage permet de mettre au clair tout ou partie des données cryptées qu'il contient ou auxquelles il donne accès. »
Sans cette caractérisation technique, la qualification pénale s'effondre. Cette exigence est renforcée par la nécessité d'une réquisition formelle. Sans avertissement explicite des risques encourus, comme le souligne la Cass. crim., 13 oct. 2020, n° 20-80.150, « une simple demande formulée au cours d'une audition, sans avertissement que le refus d'y déférer est susceptible de constituer une infraction pénale, ne constitue pas une réquisition au sens du texte précité. »
Chen, votre argument sur le consentement est intéressant, mais il relève d'un régime juridique distinct. La décision Cass. crim., 19 mai 2026, n° 25-87.563 précise simplement qu'en donnant son assentiment à une fouille, une personne consent à l'exploitation des données. Cela ne répond pas à la question de la délinquance liée au refus.
De même, Renard, le refus est plus qu'un indicateur de comportement. C'est un fait juridique qui produit des effets distincts. Dans une décision d'espèce de la CA Lyon, 7 juill. 2026, n° RG 26/05328, une condamnation pour refus de remise a été utilisée pour caractériser une menace à l'ordre public.
En tant que législateur, je pense qu'il devient nécessaire de clarifier la définition technique du moyen de cryptologie pour éviter que les juges ne condamnent sur de simples motifs d'ordre général.